Relations internationales des États-Unis : alliés, rivaux et conflits
Première puissance militaire et économique depuis 1945, les États-Unis s'appuient sur un réseau d'alliances unique (OTAN, Japon, Corée du Sud, Australie, Philippines) et sur des partenariats hors traité comme Israël. Leurs grands rivaux sont la Chine et la Russie ; l'Iran est leur principal adversaire au Moyen-Orient depuis 1979.
Cette rubrique rassemble nos fiches « pays – États-Unis » : histoire longue de chaque relation, intérêts en jeu, grands événements datés et mécanismes (traités, sanctions, commerce). Elle commence par expliquer comment Washington conduit sa politique étrangère.
- OTAN
- traité de Washington, 4 avril 1949
- Traités de défense en Asie-Pacifique
- Philippines et ANZUS (1951), Japon (1951, révisé en 1960), Corée du Sud (1953)
- Traité interaméricain (Rio)
- 1947
- Dernière déclaration de guerre votée par le Congrès
- juin 1942
- Ratification des traités
- deux tiers du Sénat
Qui décide de la politique étrangère américaine ?
La Constitution partage les pouvoirs. Le président est commandant en chef des armées, négocie les traités et nomme les ambassadeurs ; le Congrès vote les budgets, déclare la guerre et le Sénat ratifie les traités à la majorité des deux tiers. Dans les faits, l'exécutif domine : la dernière déclaration de guerre formelle date de 1942, et les grandes opérations militaires depuis lors (Corée, Vietnam, Irak, frappes contre l'Iran en 2025 et 2026) ont été lancées sans elle, sur la base d'autorisations générales (AUMF) ou de la seule autorité présidentielle.
La résolution sur les pouvoirs de guerre (War Powers Resolution) de 1973 tente d'encadrer cette pratique : le président doit informer le Congrès dans les 48 heures et retirer les troupes au bout de 60 jours (plus 30 jours de retrait) sans autorisation. Tous les présidents en ont contesté la constitutionnalité, et le Congrès peine à l'appliquer, car une résolution de retrait peut être bloquée par un veto. De même, les présidents recourent largement aux accords exécutifs, qui ne passent pas par le Sénat.
Quatre administrations portent l'action extérieure : le Département d'État (diplomatie), le Pentagone (défense), le Trésor (sanctions, via l'OFAC) et le représentant au Commerce, l'USTR (négociations et droits de douane). Le Conseil de sécurité nationale, à la Maison-Blanche, coordonne l'ensemble. Les orientations varient selon les présidents, entre multilatéralisme et approche « America First » privilégiant les accords bilatéraux et la pression sur les alliés.
Les alliances : OTAN, Europe et Asie
Les États-Unis sont liés par des traités de défense à une cinquantaine de pays, un réseau sans équivalent bâti au début de la guerre froide. L'OTAN, fondée en 1949, en est le pilier, avec la clause de défense collective de l'article 5, invoquée une seule fois, après le 11 septembre 2001. Le partage du fardeau est un débat permanent : l'objectif de 2 % du PIB consacré à la défense, fixé en 2014, a été porté à 5 % (défense et sécurité au sens large) à l'horizon 2035 lors du sommet de La Haye en juin 2025.
Avec l'Europe, la relation est à la fois militaire et commerciale ; elle est traitée sur nos pages Union européenne, France et Belgique. La Turquie, deuxième armée de l'OTAN, est un allié aux relations heurtées. En Asie, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et les Philippines forment un système d'alliances bilatérales (dit « en étoile ») tourné vers la Chine et la Corée du Nord.
Les grandes rivalités : Chine et Russie
La Chine est désignée comme le principal « concurrent stratégique » depuis la stratégie de sécurité nationale de 2017 : guerre commerciale ouverte en 2018, contrôle des semi-conducteurs et des terres rares, question de Taïwan, mer de Chine méridionale. Ce diagnostic est partagé par les républicains et les démocrates.
Avec la Russie, la relation reste marquée par l'héritage de la guerre froide, l'élargissement de l'OTAN, les sanctions adoptées après l'annexion de la Crimée (2014) et l'invasion de l'Ukraine (2022), et le démantèlement progressif des traités de maîtrise des armements : traité ABM (retrait américain en 2002), traité FNI (2019), puis New START, arrivé à expiration le 5 février 2026.
Le Moyen-Orient : Iran et Israël
Depuis sa reconnaissance par Harry Truman en 1948, Israël est devenu le partenaire le plus proche de Washington dans la région, sans traité de défense formel. L'Iran, allié sous le chah, est un adversaire depuis la révolution de 1979 et la prise d'otages de l'ambassade américaine. L'hostilité a longtemps pris la forme de sanctions et d'affrontements indirects, avant des frappes américaines directes sur le territoire iranien le 22 juin 2025, puis une guerre conjointe américano-israélienne déclenchée le 28 février 2026. L'ensemble des confrontations militaires, de 1980 à 2026, est retracé dans notre chronologie des affrontements entre l'Iran et les États-Unis.
Pour les Européens, les crises du Golfe ont des effets directs : prix de l'énergie liés au détroit d'Ormuz, détours des vols vers l'Asie, débats sur l'autonomie stratégique européenne. La France, membre permanent du Conseil de sécurité et partie à l'accord nucléaire de 2015, a soutenu le rétablissement des sanctions de l'ONU contre l'Iran en septembre 2025 sans participer aux frappes.
Toutes les fiches pays
| Fiche | Statut | Enjeux structurants |
|---|---|---|
| Iran | Adversaire | Nucléaire, sanctions, détroit d'Ormuz |
| Affrontements Iran – États-Unis | Conflit | Chronologie militaire depuis 1980 |
| Israël | Partenaire hors traité | Aide militaire, Iran, conflit israélo-palestinien |
| France | Allié (OTAN) | Défense, commerce, numérique |
| Belgique | Allié (OTAN) | Siège de l'OTAN, commerce, F-35 |
| Union européenne | Partenaire | Commerce, régulation du numérique |
| OTAN | Alliance | Défense collective, partage du fardeau |
| Groenland | Territoire danois | Base de Pituffik, Arctique |
| Turquie | Allié (OTAN) | S-400, F-35, Syrie |
| Ukraine | Partenaire | Aide militaire, sécurité européenne |
| Russie | Rival | Ukraine, sanctions, armes nucléaires |
| Chine | Rival | Commerce, technologies, Taïwan |
Les outils de la puissance américaine
- La force militaire : le premier budget de défense du monde, de loin, la plus grande flotte de porte-avions et des commandements régionaux couvrant toute la planète (CENTCOM pour le Moyen-Orient, INDOPACOM pour l'Asie, EUCOM pour l'Europe).
- Les sanctions : le rôle central du dollar permet au Trésor de couper l'accès au système financier américain, y compris pour des entreprises étrangères (sanctions « secondaires »). La loi IEEPA de 1977 en est le principal fondement.
- Le commerce : droits de douane (sections 232 et 301), contrôles à l'exportation et filtrage des investissements étrangers par le CFIUS.
- L'aide extérieure : aide militaire (financement FMF, ventes d'armes) et aide au développement, dont les montants sont votés chaque année par le Congrès.
Les Amériques, l'arrière-cour historique
Depuis la doctrine Monroe (1823), Washington considère le continent américain comme sa zone d'influence, ce qui s'est traduit par de nombreuses interventions au XXe siècle. Le Canada et le Mexique figurent parmi ses tout premiers partenaires commerciaux, liés par l'accord ACEUM (entré en vigueur en 2020, qui a succédé à l'ALENA de 1994), assorti d'un réexamen conjoint tous les six ans. La lutte contre les cartels et l'immigration irrégulière a pris une dimension militaire avec les frappes contre des embarcations de narcotrafiquants dans les Caraïbes à partir de septembre 2025, puis l'opération du 3 janvier 2026 au cours de laquelle les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro, transféré à New York pour y être jugé (voir Venezuela – États-Unis). Les fiches de chaque pays d'Amérique sont réunies dans notre rubrique Amériques.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux alliés des États-Unis ?
Les autres membres de l'OTAN (dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne), le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et les Philippines, liés par des traités de défense. Israël est un partenaire très proche, mais sans traité d'alliance formel.
Le Congrès doit-il voter pour que les États-Unis entrent en guerre ?
La Constitution lui réserve le pouvoir de déclarer la guerre, mais il ne l'a plus fait depuis 1942. Les présidents engagent les forces sur la base d'autorisations générales ou de leur rôle de commandant en chef ; la War Powers Resolution de 1973 leur impose d'informer le Congrès et limite en principe l'engagement à 60 jours sans autorisation.
Qui dirige la diplomatie américaine ?
Le président fixe la ligne ; le secrétaire d'État, nommé par lui et confirmé par le Sénat, dirige le Département d'État et le réseau des ambassades. Le conseiller à la sécurité nationale et des envoyés spéciaux jouent souvent un rôle de premier plan dans les négociations.
Quel est le principal rival des États-Unis ?
La Chine, désignée comme le « concurrent stratégique » principal par les documents de défense américains depuis 2017, devant la Russie.