Vivre aux États-Unis quand on est français
S'installer aux États-Unis, c'est d'abord obtenir un visa qui autorise à travailler, puis accepter un autre modèle : salaires bruts généralement plus élevés qu'en France dans les métiers qualifiés, mais santé, études et garde d'enfants largement à votre charge, et aucun congé payé garanti par la loi fédérale. Cette rubrique compare le fonctionnement des deux pays et présente quinze villes où s'installer.
Qui s'installe aux États-Unis, et avec quel statut
Les Français qui partent vivre outre-Atlantique sont surtout des cadres mutés par leur groupe, des ingénieurs et chercheurs recrutés par une entreprise ou une université, des entrepreneurs qui créent ou rachètent une société, des étudiants et des familles qui suivent un conjoint. Le point commun : l'ESTA ne permet jamais de travailler, même à distance pour un client américain. Il faut un visa de travail ou une carte de résident permanent.
| Profil | Statut le plus courant | Point clé |
|---|---|---|
| Salarié d'un groupe présent en France et aux États-Unis | Visa L1 | Mutation interne : une ancienneté minimale dans l'entité étrangère est exigée |
| Recrutement direct par une entreprise américaine | Visa H-1B | Nombre de visas plafonné chaque année, attribution par tirage au sort, coûts élevés pour l'employeur |
| Créateur ou repreneur d'entreprise | Visa E2 | Réservé aux ressortissants de pays liés par un traité, dont la France, la Belgique et la Suisse ; investissement « substantiel » |
| Étudiant, stagiaire, chercheur | Visas F1 et J1 | Travail très encadré, assurance santé imposée pour le J1 |
| Installation définitive | Green card | Famille, employeur, investissement ou loterie DV |
Les conditions, frais et délais de chaque visa évoluent régulièrement : vérifiez-les sur le site du Département d'État et sur nos pages visas pour les États-Unis et green card. Pour un séjour court sans activité rémunérée, l'ESTA suffit.
Quatre comparaisons pour décider
Comparer deux salaires bruts ne suffit pas : ce qui reste après assurance santé, impôts, loyer et garde d'enfants change souvent la conclusion. Nos quatre dossiers expliquent comment chaque poste fonctionne des deux côtés de l'Atlantique et où trouver les chiffres à jour.
- Salaires France – États-Unis : comment se lit une offre d'emploi américaine (brut annuel, « benefits », emploi « at will »), ce qui est prélevé sur la paie, les métiers où l'écart est le plus fort, les congés et la retraite.
- Santé France – États-Unis : assurance d'employeur, prime, franchise, quote-part, réseaux de soins, factures d'urgence, Caisse des Français de l'étranger.
- Impôts France – États-Unis : impôt fédéral, impôt des États et des villes, déclaration commune, cotisations sociales, sales tax, convention fiscale, imposition des citoyens américains, FATCA et FBAR.
- Coût de la vie France – États-Unis : logement, santé, garde d'enfants, études et voiture, les cinq postes qui font l'écart.
- Salaire
- Négocié en brut annuel, avec un ensemble d'avantages (« benefits ») à comparer
- Congés payés légaux
- Aucun minimum fédéral, contre cinq semaines en France
- Assurance santé
- Le plus souvent liée à l'emploi, avec prime, franchise et réseau de soins
- Impôt sur le revenu
- Fédéral, plus un impôt d'État dans la plupart des États, parfois un impôt municipal
Ce qui change le plus au quotidien
- La protection sociale passe par l'employeur. Assurance santé, épargne retraite (401(k)) et jours de congé font partie de la négociation d'embauche : comparez les « benefits », pas seulement le salaire.
- Le contrat de travail est « at will » dans presque tous les États : licenciement possible sans motif ni préavis légal, et la perte de l'emploi entraîne celle de l'assurance santé et, pour un titulaire de visa de travail, menace le droit au séjour.
- L'État compte autant que le pays. Un même salaire est imposé différemment au Texas, qui n'a pas d'impôt sur le revenu, et en Californie, dont l'impôt progressif figure parmi les plus lourds du pays ; les loyers varient du simple au double, voire au triple, entre La Nouvelle-Orléans et San Francisco.
- Les prix s'affichent hors taxes et le pourboire s'ajoute au restaurant : voir notre calculateur de sales tax et la page payer aux États-Unis.
- Tout repose sur l'historique de crédit. Sans « credit score » américain, louer un appartement, souscrire un forfait téléphonique ou financer une voiture demande davantage de garanties : ouvrez un compte bancaire et une carte de crédit dès l'arrivée.
Les quinze villes de nos guides
Chaque guide présente les quartiers, le marché de l'emploi, les écoles françaises ou bilingues, les transports et les démarches d'arrivée.
| Ville | En une ligne |
|---|---|
| New York | Premier marché de l'emploi du pays, plus forte communauté française, loyers parmi les plus chers ; on y vit sans voiture. |
| Los Angeles | Divertissement, tech et commerce international, établissements français réputés, mais voiture presque indispensable. |
| San Francisco | Des salaires tech parmi les plus élevés du pays, et le coût du logement qui va avec. |
| Miami | Porte de l'Amérique latine, pas d'impôt sur le revenu en Floride, risque cyclonique et assurances habitation coûteuses. |
| Boston | Universités, hôpitaux et biotechnologies ; une ville de chercheurs et d'étudiants, chère et compacte. |
| Washington D.C. | Institutions fédérales, organisations internationales et ambassade de France ; marché porté par le secteur public. |
| Chicago | Finance, industrie et logistique, loyers plus raisonnables que sur les côtes, hivers rudes. |
| Austin | Pôle tech, pas d'impôt sur le revenu au Texas mais taxe foncière élevée. |
| Seattle | Grands groupes du numérique et aéronautique, sans impôt d'État sur les salaires. |
| Houston | Énergie, chimie et spatial, grands groupes français présents, logement abordable mais ville très étalée. |
| La Nouvelle-Orléans | Héritage francophone, loyers parmi les plus bas de nos quinze villes, marché de l'emploi plus étroit. |
| San Diego | Climat doux, biotech et marine américaine, à la frontière mexicaine. |
| Atlanta | Sièges de grandes entreprises (Coca-Cola, Delta), l'un des aéroports les plus fréquentés du monde, coût de la vie modéré. |
| Denver | Montagnes à une heure, qualité de vie recherchée, économie diversifiée. |
| Philadelphie | Santé et universités, à environ 1 h 30 de New York en train pour des loyers nettement inférieurs. |
Pour découvrir ces villes en touriste avant de vous décider, consultez nos fiches villes des États-Unis ; pour le décalage avec vos proches restés en France, la page décalage horaire France – États-Unis.
Questions fréquentes
Peut-on s'installer aux États-Unis sans visa de travail ?
Non, pas pour y travailler. L'ESTA et le visa touristique B2 interdisent toute activité rémunérée, y compris le télétravail pour un employeur français pendant un séjour prolongé. Il faut un visa adapté (L1, H-1B, E2, J1, O1…) ou une green card.
Gagne-t-on vraiment plus aux États-Unis ?
En brut, oui pour la plupart des métiers qualifiés, en particulier dans l'informatique, l'ingénierie, la santé et le droit. Mais l'assurance santé, les études des enfants, la garde et le logement des grandes villes absorbent une part de l'écart, surtout pour une famille. Notre comparaison des salaires détaille le calcul.
Paie-t-on des impôts en France en vivant aux États-Unis ?
Si votre foyer, votre activité principale et vos intérêts économiques sont aux États-Unis, vous devenez non-résident fiscal français : seuls vos revenus de source française (loyers d'un bien en France, par exemple) restent imposables en France, dans les limites de la convention fiscale franco-américaine.
Quelle ville choisir pour s'expatrier ?
Elle dépend d'abord de l'emploi : finance et luxe à New York, tech à San Francisco, Seattle ou Austin, énergie à Houston, recherche à Boston. Comparez ensuite loyers, impôt d'État et besoin d'une voiture, ville par ville.