Le second mandat de Donald Trump : équipe, décisions et chronologie

Revenu à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025 avec une majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès, Donald Trump a gouverné par un recours massif aux décrets : expulsions, droits de douane, réduction de l'administration fédérale, interventions militaires au Venezuela et en Iran. Voici les grandes décisions de 2025 et 2026.

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Donald Trump, 47e président, a été élu le 5 novembre 2024 avec 312 grands électeurs (voir élection de 2024). Son second mandat, non consécutif au premier (2017-2021), s'étend du 20 janvier 2025 au 20 janvier 2029 ; le 22e amendement lui interdit d'en briguer un troisième. Cette page retrace les faits et les décisions marquantes des années 2025 et 2026 ; les jugements portés sur eux, très polarisés, sont présentés comme tels.

Investiture
20 janvier 2025
Vice-président
JD Vance
Fin du mandat
20 janvier 2029
Congrès élu en 2024
Majorité républicaine dans les deux chambres

L'équipe de départ et ses remaniements

En janvier 2025, Donald Trump forme un gouvernement de fidèles, rapidement confirmé par un Sénat républicain. Susie Wiles devient la première femme cheffe de cabinet de la Maison-Blanche. Les principaux postes reviennent à :

DépartementSecrétaire nommé en 2025Évolution notable
État (Affaires étrangères)Marco RubioCumule à partir de mai 2025 la fonction de conseiller à la sécurité nationale, après le départ de Mike Waltz pour l'ONU
TrésorScott Bessent
DéfensePete HegsethSecond intitulé de « Department of War » adopté par décret en septembre 2025
JusticePam BondiLimogée en avril 2026
Sécurité intérieureKristi NoemLimogée en mars 2026
SantéRobert F. Kennedy Jr.Politique vaccinale contestée (voir rougeole)
ÉducationLinda McMahonChargée de démanteler son propre département
TravailLori Chavez-DeRemerDémission en 2026

Le premier mandat avait été marqué par une forte rotation ; le second l'a été aussi à partir de 2026, avec les départs de Kristi Noem, Pam Bondi, Lori Chavez-DeRemer et de la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard. À l'été 2026, le Partnership for Public Service comptait déjà plus de deux douzaines de responsables confirmés par le Sénat ayant quitté leur poste. Pour la composition du gouvernement à une date donnée, la source de référence est la page officielle de la Maison-Blanche.

Gouverner par décret

Le premier jour, Donald Trump signe des dizaines de textes : grâce de la quasi-totalité des quelque 1 500 personnes poursuivies pour l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021, sortie de l'Accord de Paris et de l'OMS, état d'urgence à la frontière, décret sur le droit du sol. Le rythme ne faiblit pas : plus de 220 décrets la première année, davantage que pendant tout son premier mandat. Le « département de l'efficacité gouvernementale » (DOGE), confié à Elon Musk jusqu'à fin mai 2025, supprime l'agence d'aide au développement USAID et des dizaines de milliers de postes fédéraux ; ses économies réelles sont restées très inférieures à l'objectif annoncé.

Partisans et opposants s'accordent sur un point : rarement un président avait autant éprouvé les limites de ses pouvoirs. Les tribunaux ont tantôt validé, tantôt censuré ces décisions, et la Cour suprême a rendu plusieurs arrêts majeurs, sur les droits de douane en février 2026 et sur le droit du sol en juin 2026 (voir pouvoirs du président).

Économie : loi budgétaire et droits de douane

La One Big Beautiful Bill Act, signée le 4 juillet 2025, prolonge les baisses d'impôts de 2017, exonère partiellement pourboires et heures supplémentaires, finance l'immigration et la défense, et réduit les dépenses de Medicaid et d'aide alimentaire. Le Congressional Budget Office a estimé qu'elle accroissait la dette d'environ 3 400 milliards de dollars sur dix ans (voir dette publique). Ses défenseurs y voient un soutien à la croissance et aux classes moyennes, ses détracteurs un transfert vers les plus aisés.

La politique commerciale est l'autre marque du mandat : droits de douane généralisés le 2 avril 2025, accords avec l'Union européenne, le Japon ou le Royaume-Uni, puis invalidation des droits fondés sur la loi d'urgence IEEPA par la Cour suprême le 20 février 2026 et remplacement par d'autres bases légales. Le détail figure sur la page droits de douane américains.

Immigration et sécurité intérieure

L'administration ferme la frontière aux demandeurs d'asile, multiplie les arrestations à l'intérieur du pays et porte la détention à des niveaux records, avec des moyens considérablement accrus pour l'ICE. Les passages illégaux à la frontière mexicaine tombent à leur plus bas niveau depuis la fin des années 1960. Les opérations menées dans de grandes villes (Los Angeles, Chicago, Minneapolis), parfois appuyées par la Garde nationale, suscitent de fortes contestations, surtout après la mort de deux citoyens américains tués par des agents fédéraux à Minneapolis en janvier 2026. Ce bras de fer aboutit à deux shutdowns en 2026. Le contexte d'ensemble est présenté sur la page immigration aux États-Unis.

Politique étrangère

Le second mandat se distingue du premier par un usage nettement plus fréquent de la force militaire. Le 22 juin 2025, des bombardiers américains frappent les sites nucléaires iraniens ; le 3 janvier 2026, une opération à Caracas capture le président vénézuélien Nicolás Maduro, transféré à New York pour y être jugé (voir Venezuela – États-Unis) ; le 28 février 2026, les États-Unis et Israël entrent en guerre ouverte contre l'Iran (voir guerre Iran – États-Unis). Washington revendique par ailleurs le Groenland, presse ses alliés de l'OTAN de porter leurs dépenses militaires à 5 % du PIB, cherche un règlement négocié de la guerre en Ukraine et annonce en janvier 2026 son retrait de 66 organisations internationales. Les relations avec Paris sont traitées sur la page France – États-Unis.

Chronologie de 2025-2026

DateÉvénement
20 janvier 2025Investiture ; grâces du 6 janvier, décrets sur l'immigration et le climat
2 avril 2025« Liberation Day » : droits de douane sur tous les partenaires
22 juin 2025Frappes sur les sites nucléaires iraniens (Fordo, Natanz, Ispahan)
4 juillet 2025Promulgation de la One Big Beautiful Bill Act
1er octobre – 12 novembre 2025Shutdown de 43 jours, le plus long de l'histoire pour l'ensemble de l'État fédéral
3 janvier 2026Capture de Nicolás Maduro à Caracas
7 et 24 janvier 2026Renee Good et Alex Pretti tués par des agents fédéraux à Minneapolis
20 février 2026La Cour suprême invalide les droits de douane fondés sur l'IEEPA
28 février 2026Début de la guerre avec l'Iran
Mars-avril 2026Limogeages de Kristi Noem (Sécurité intérieure) et de Pam Bondi (Justice)
30 juin 2026La Cour suprême invalide le décret sur le droit du sol

Les jugements portés sur le mandat

Les partisans de l'administration mettent en avant la chute des entrées illégales, les baisses d'impôts, les investissements industriels promis en contrepartie des accords commerciaux et une politique étrangère jugée dissuasive. Ses opposants dénoncent le renchérissement des prix lié aux droits de douane, les atteintes à l'indépendance de la justice et des agences, les méthodes de l'ICE et des engagements militaires décidés sans autorisation du Congrès. Comme lors du premier mandat, la cote d'approbation du président a reculé au fil de 2025 et 2026 dans les enquêtes d'opinion. Les élections de mi-mandat constituent, pour chaque président, le premier test électoral national de son action.

Questions fréquentes

Qui est le vice-président de Donald Trump ?

JD Vance, ancien sénateur de l'Ohio, né en 1984. Comme tout vice-président, il préside le Sénat et peut y départager les votes à égalité, ce qu'il a fait à plusieurs reprises en 2025.

Quels ministres ont quitté le gouvernement Trump ?

Parmi les départs les plus marquants de 2026 figurent Kristi Noem (Sécurité intérieure), Pam Bondi (Justice), Lori Chavez-DeRemer (Travail) et Tulsi Gabbard (Renseignement). Mike Waltz avait quitté dès mai 2025 le poste de conseiller à la sécurité nationale pour celui d'ambassadeur à l'ONU.

Jusqu'à quand dure le mandat de Donald Trump ?

Jusqu'au 20 janvier 2029 à midi. Le 22e amendement lui interdit de se présenter à l'élection présidentielle de 2028.

Qu'est-ce que le DOGE ?

Le Department of Government Efficiency, structure de conseil créée par décret le 20 janvier 2025 pour réduire les dépenses fédérales, longtemps pilotée par Elon Musk. Ses économies réelles sont contestées et très inférieures à l'objectif initial de 2 000 milliards de dollars.

Sources