Nez-Percés (Nimíipuu)

Histoire, culture et territoire d’un peuple autochtone des États-Unis.

Mis à jour le

Autonyme
Nimíipuu (« le Peuple »)
Famille linguistique
Sahaptienne (plateau)

Les Nimíipuu, « le Peuple », vivaient sur le plateau du Columbia, entre les rivières Clearwater, Salmon et Snake, sur des terres aujourd'hui partagées entre l'Idaho, l'Oregon et l'État de Washington. Le nom de « Nez-Percés » leur a été donné par des trappeurs et interprètes francophones, alors que le perçage du nez était surtout pratiqué par des peuples voisins. Leur langue appartient à la petite famille sahaptienne. Ils sont connus pour l'élevage sélectif de chevaux, pour l'aide apportée en 1805 à Lewis et Clark et pour la fuite de 1877 menée par les bandes de Joseph, White Bird et Looking Glass.

Territoire

La réserve des Nez-Percés, dont le siège est à Lapwai, dans le nord de l'Idaho, reprend les limites fixées en 1863, soit environ 3 000 km². Le lotissement en a fait un territoire en damier, où la nation possède une minorité des terres, qu'elle s'efforce de racheter. Les descendants de la bande de Joseph vivent en partie sur la réserve de Colville, dans l'État de Washington. Dans la vallée de la Wallowa, en Oregon, la nation a racheté des terres et participe à la gestion de sites ancestraux.

Histoire

Les Nimíipuu vivent d'un cycle saisonnier : pêche du saumon dans les rivières, récolte de la racine de camassia sur les prairies, chasse en montagne. Le cheval arrive au début du XVIIIe siècle et permet des expéditions vers les plaines pour chasser le bison. En septembre 1805, l'expédition de Lewis et Clark, affamée après la traversée des Bitterroots, est accueillie sur la prairie de Weippe ; les Nimíipuu gardent ses chevaux pendant l'hiver.

Le missionnaire presbytérien Henry Spalding s'installe à Lapwai en 1836. Le traité de 1855 reconnaît une réserve d'environ 30 000 km² comprenant la vallée de la Wallowa. La découverte d'or en 1860 entraîne le traité de 1863, qui la réduit d'environ 90 % ; il est signé par le chef Lawyer et les bandes chrétiennes, mais pas par celles dont les terres sont cédées, dont celle de Joseph. Les opposants l'appellent le « traité des voleurs ».

En 1877, l'armée ordonne aux bandes non signataires de rejoindre la réserve. Après que de jeunes guerriers ont tué des colons, environ 750 personnes, dont une majorité de femmes, d'enfants et d'aînés, entreprennent une fuite de près de 1 900 km à travers l'Idaho, le Montana et le parc de Yellowstone, livrant combat à White Bird Canyon et à Big Hole. Le 5 octobre 1877, cernés dans les monts Bear Paw à environ 65 km du Canada, les survivants se rendent ; le discours « Je ne combattrai plus jamais », attribué à Joseph, nous est parvenu par des transcriptions d'officiers. White Bird et plusieurs centaines de personnes gagnent le Canada. Les autres sont exilés à Fort Leavenworth puis dans le Territoire indien, où beaucoup meurent. En 1885, une partie rentre à Lapwai ; Joseph et sa bande sont envoyés sur la réserve de Colville, dans l'État de Washington, où il meurt en 1904. À partir de 1893, le lotissement ouvre les terres « excédentaires » de la réserve aux colons.

Culture et langue

La société était organisée en villages et bandes autonomes, chacun dirigé par un chef dont l'autorité dépendait de son influence et du conseil. Chaque personne pouvait rechercher par la quête de vision un esprit gardien, le wéeyekin. La religion Washat, ou des Sept Tambours, fondée sur le respect des « premiers aliments » (saumon, racines, baies, gibier) célébrés par des repas cérémoniels, reste pratiquée aux côtés du christianisme. Les femmes réalisent des sacs plats en fibres de chanvre puis en cosses de maïs, ornés de motifs géométriques, ainsi qu'un perlage raffiné. L'élevage sélectif a donné des chevaux réputés, associés à la race appaloosa, dont le nom vient de la rivière Palouse. La langue, le nimiipuutímt, fait l'objet de programmes de revitalisation.

Lieux à découvrir

  • Nez Perce National Historical ParkUne quarantaine de sites dans quatre États, avec un centre d'accueil à Spalding (Idaho).
  • Big Hole National Battlefield (Montana)Site de la bataille du 9 août 1877, où l'armée attaque le campement à l'aube.
  • Bear Paw Battlefield (Montana)Lieu de la reddition du 5 octobre 1877, près de Chinook.
  • YellowstoneLes Nimíipuu ont traversé le parc, créé cinq ans plus tôt, pendant leur fuite de 1877.

Questions fréquentes

Pourquoi le nom de Nez-Percés ?

Il vient de trappeurs et interprètes francophones. Le perçage du nez n'était pas une pratique caractéristique des Nimíipuu ; le nom a pu résulter d'une confusion avec des peuples voisins.

Le chef Joseph a-t-il dirigé la fuite de 1877 ?

Il était l'un des chefs, chargé surtout du camp, tandis que Looking Glass, White Bird, Ollokot et Toohoolhoolzote menaient aussi les décisions. La presse américaine a fait de lui la figure centrale de l'événement.

Quel lien avec Lewis et Clark ?

En 1805, les Nimíipuu ont nourri l'expédition, l'ont guidée et ont gardé ses chevaux pendant l'hiver. Au retour, en 1806, l'expédition a séjourné plusieurs semaines chez eux. Sacagawea, shoshone, en faisait partie.