Cheyennes
Histoire, culture et territoire d’un peuple autochtone des États-Unis.
- Autonyme
- Tsétsėhéstȧhese ; Só'taeo'o (Suhtais)
- Famille linguistique
- Algonquienne
- États
- Montana, Oklahoma, Colorado, Wyoming, Dakota du Sud
Les Cheyennes se nomment Tsétsėhéstȧhese ; ils ont intégré au XVIIIe siècle un peuple apparenté, les Suhtais (Só'taeo'o). Le nom « Cheyenne » vient d'un terme dakota. Leur langue appartient à la famille algonquienne, comme celle des Ojibwés, héritage d'une origine dans la région des Grands Lacs. Devenus l'un des grands peuples cavaliers des Plaines, ils se sont scindés au XIXe siècle en deux branches : les Cheyennes du Nord, aujourd'hui établis dans le Montana, et les Cheyennes du Sud, associés aux Arapahos en Oklahoma. Sand Creek, la Washita et Little Bighorn jalonnent leur histoire pendant la conquête de l'Ouest.
Territoire
La réserve des Cheyennes du Nord, dans le sud-est du Montana, a pour chef-lieu Lame Deer et couvre environ 1 800 km² entre les rivières Tongue et Rosebud, à proximité du champ de bataille de Little Bighorn. Lame Deer accueille aussi le Chief Dull Knife College, établissement d'enseignement supérieur tribal. Contrairement à beaucoup d'autres, elle a conservé l'essentiel de ses terres en propriété autochtone. Les Cheyenne and Arapaho Tribes, dont le siège est à Concho, dans l'ouest de l'Oklahoma, exercent leur juridiction sur des terres sous tutelle dispersées dans l'ancienne réserve lotie.
Histoire
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Cheyennes vivent de l'agriculture dans des villages de terre du Minnesota puis de la rivière Sheyenne, dans l'actuel Dakota du Nord. Pressés par les Ojibwés et attirés par le bison, ils adoptent le cheval et deviennent nomades vers la fin du XVIIIe siècle. Selon la tradition, le prophète Sweet Medicine leur transmet les Flèches sacrées et l'organisation politique. Vers 1830, une partie s'installe au sud, près du comptoir de Bent's Fort, sur l'Arkansas, tandis que l'autre reste au nord, entre la Platte et la Yellowstone, aux côtés des Lakotas.
Le traité de Fort Laramie (1851) reconnaît aux Cheyennes et aux Arapahos un vaste territoire entre la Platte et l'Arkansas, que la ruée vers l'or du Colorado de 1858-1859 remet en cause. Le 29 novembre 1864, le colonel John Chivington attaque à Sand Creek le camp de Black Kettle, qui avait hissé le drapeau américain et un drapeau blanc ; la plupart des victimes sont des femmes, des enfants et des aînés. Le capitaine Silas Soule refuse de faire tirer ses hommes et témoigne ensuite contre Chivington. Les Dog Soldiers prennent la tête de la riposte. Le 27 novembre 1868, Custer attaque sur la Washita le camp où Black Kettle s'était réfugié ; le chef y est tué.
Les Cheyennes du Nord combattent à Little Bighorn en 1876 aux côtés des Lakotas de Crazy Horse, puis sont envoyés en 1877 dans le Territoire indien, où la maladie et la faim les déciment. En septembre 1878, Morning Star (Dull Knife) et Little Wolf conduisent quelque 300 personnes vers le nord. Le groupe de Morning Star, enfermé à Fort Robinson (Nebraska), s'évade en janvier 1879 en plein hiver ; beaucoup sont tués. Cette résistance aboutit en 1884 à la création de la réserve de Tongue River, dans le Montana. Au sud, la réserve des Cheyennes et Arapahos, établie en 1869, est lotie puis ouverte aux colons en 1892.
Culture et langue
Le pouvoir politique repose sur le Conseil des Quarante-Quatre, des chefs de paix choisis pour dix ans qui doivent faire preuve de générosité, de calme et de souci des plus pauvres. À côté, les sociétés militaires (Renards, Elks, Boucliers rouges, Dog Soldiers…) assurent la défense et la police des chasses. Les Cheyennes conservent deux ensembles sacrés : les Flèches sacrées (Maahótse), gardées par les Cheyennes du Sud, et le Chapeau de bison sacré (Ésevone), chez ceux du Nord. Le renouvellement des Flèches et la danse du Soleil, appelée Loge de la nouvelle vie, sont les principales cérémonies. Bear Butte (Noahá-vose), dans le Dakota du Sud, où Sweet Medicine reçut ses enseignements, est un lieu de prière. Au XIXe siècle, des artistes cheyennes réalisent des dessins narratifs sur des registres de comptabilité, le « ledger art ».
Lieux à découvrir
- Sand Creek Massacre National Historic Site (Colorado)Site du massacre de 1864, créé en 2007 en concertation avec les nations cheyennes et arapahos.
- Washita Battlefield National Historic Site (Oklahoma)Lieu de l'attaque de Custer contre le camp de Black Kettle en 1868.
- Bear Butte State Park (Dakota du Sud)Montagne sacrée pour les Cheyennes et les Lakotas, où des prières se tiennent toujours.
- Fort Robinson State Park (Nebraska)Site de l'évasion des Cheyennes du Nord en 1879 et de la mort de Crazy Horse.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il des Cheyennes du Nord et du Sud ?
La séparation se fait vers 1830, lorsqu'une partie des bandes se rapproche des comptoirs de l'Arkansas. Les deux branches restent liées par la langue et les cérémonies, mais ont des territoires et des gouvernements distincts.
Que s'est-il passé à Sand Creek ?
Le 29 novembre 1864, des volontaires du Colorado attaquent un camp cheyenne et arapaho qui se croyait sous protection de l'armée. Plus de 150 personnes sont tuées, en majorité des femmes, des enfants et des aînés.
Qui étaient les Dog Soldiers ?
L'une des sociétés militaires cheyennes, devenue au cours des années 1860 une bande à part entière, à la pointe de la résistance armée dans les plaines du Kansas et du Colorado.