Batailles de Lexington et Concord (1775)

Guerre d'indépendance : retraite britannique, début de la guerre, 19 avril 1775.

Mis à jour le

Guerre
Guerre d'indépendance
Date
19 avril 1775
Lieu
Lexington, Concord et route de Boston (Massachusetts)
Issue
Retraite britannique, début de la guerre

Le 19 avril 1775, une colonne britannique partie de Boston pour saisir des armes à Concord se heurte aux milices du Massachusetts. L'échauffourée de Lexington à l'aube, le combat du pont Nord de Concord puis la retraite harcelée jusqu'à Charlestown font de cette journée le premier affrontement armé de la guerre d'indépendance. Le soir même, des milliers de miliciens encerclent Boston.

Forces en présence

CampCommandementEffectifs
Milices du MassachusettsJohn Parker (Lexington), James Barrett (Concord)environ 3 500 à 4 000 miliciens engagés au cours de la journée
Grande-BretagneFrancis Smith, puis Hugh Percyenviron 700 hommes, puis 1 700 à 1 800 avec les renforts

Carte

Contexte

Après la Boston Tea Party (1773), Londres vote les lois que les colons appellent « intolérables » : port de Boston fermé, charte du Massachusetts suspendue, gouvernement confié au général Thomas Gage, commandant en chef en Amérique. La colonie s'organise en dehors de la légalité : un congrès provincial siège à Concord, les milices forment des compagnies de minutemen prêtes à marcher en quelques minutes et amassent poudre, canons et vivres. Le 14 avril 1775, Gage reçoit l'ordre de rétablir l'autorité royale par la force. Il charge le lieutenant-colonel Francis Smith de détruire le dépôt de Concord, à une trentaine de kilomètres. Les patriotes, informés, ont déjà déplacé une partie du matériel. Dans la nuit du 18 avril, deux lanternes allumées dans le clocher de l'Old North Church signalent que les troupes traversent la Charles River en bateau ; Paul Revere et William Dawes partent à cheval donner l'alerte.

Déroulement de la bataille

Lexington, à l'aube. Vers 5 heures, l'avant-garde du major John Pitcairn atteint Lexington, où environ 77 miliciens du capitaine John Parker se sont alignés sur la pelouse communale. Sommés de se disperser, ils commencent à se retirer quand un coup de feu part, sans que l'on sache encore de quel camp. Les soldats tirent des salves et chargent à la baïonnette : huit miliciens sont tués. La colonne reprend la route de Concord.

Le pont Nord de Concord. À Concord, les Britanniques fouillent les maisons et brûlent ce qu'ils trouvent ; la fumée fait croire aux miliciens rassemblés sur la colline que la ville est incendiée. Vers 11 heures, plusieurs centaines d'hommes du colonel James Barrett marchent sur le pont Nord, tenu par trois compagnies britanniques. L'échange de tirs tue deux miliciens et trois soldats ; les Britanniques reculent. C'est la première fois que des colons ouvrent le feu sur ordre contre les troupes du roi.

La retraite. Vers midi, Smith reprend le chemin de Boston. Sur 25 kilomètres, des miliciens venus de dizaines de villes tirent depuis les murets, les bois et les maisons, notamment au virage de Bloody Angle, à Lincoln. La colonne, à court de munitions, n'est sauvée qu'à Lexington par la brigade de renfort de Hugh Percy, environ 1 000 hommes et deux canons. Les combats les plus meurtriers ont lieu à Menotomy (aujourd'hui Arlington), où l'on se bat maison par maison. Au coucher du soleil, les troupes atteignent Charlestown, sous la protection des canons de la flotte.

Pertes

Selon le décompte du National Park Service, les Britanniques perdent 73 tués, 174 blessés et 26 disparus, soit 273 hommes, presque tous pendant la retraite. Les miliciens comptent 49 tués, 39 blessés et 5 disparus. Sur la pelouse de Lexington, à l'aube, 8 miliciens sont tués et 10 blessés ; un seul soldat britannique est touché.

Conséquences

Dès le lendemain, des milices de toute la Nouvelle-Angleterre affluent et bloquent Boston par la terre : le siège de la ville durera onze mois. Les deux camps se livrent une bataille de récits ; les patriotes recueillent des dépositions sous serment pour prouver que les soldats ont tiré les premiers et les font parvenir à Londres avant le rapport officiel de Gage. Le 10 mai, le deuxième Congrès continental se réunit à Philadelphie ; il crée l'Armée continentale le 14 juin et en confie le commandement à George Washington le lendemain. La journée du 19 avril est commémorée dans le Massachusetts par le Patriots' Day, le troisième lundi d'avril, et le poème de Ralph Waldo Emerson (1837) a rendu célèbre le « coup de feu entendu dans le monde entier » tiré au pont de Concord.

Visiter les lieux

  • Minute Man National Historical ParkLe parc protège la Battle Road entre Lexington et Concord, le pont Nord reconstruit et la statue du Minute Man de Daniel Chester French.
  • Lexington Battle GreenLa pelouse où s'est tiré le premier coup de feu, avec la statue du capitaine Parker et la Buckman Tavern.
  • Freedom Trail (Boston)L'Old North Church, où furent suspendues les lanternes, et la maison de Paul Revere se trouvent sur le parcours.

Questions fréquentes

Qui a tiré le premier coup de feu à Lexington ?

On ne le sait pas. Les témoignages se contredisent : chaque camp a accusé l'autre, et le coup a pu partir d'un spectateur ou d'un soldat isolé. Les officiers britanniques présents ont affirmé ne pas avoir donné l'ordre de tirer.

Paul Revere a-t-il atteint Concord ?

Non. Arrêté par une patrouille britannique entre Lexington et Concord, il est relâché sans son cheval. C'est Samuel Prescott, qui s'est joint à lui et à William Dawes en chemin, qui porte l'alerte jusqu'à Concord.

Qu'est-ce qu'un minuteman ?

Un milicien d'une compagnie d'élite de la milice du Massachusetts, entraîné pour se mettre en marche dans un délai très court. Le terme désigne aujourd'hui, par extension, tous les miliciens de 1775.

Que fête le Patriots' Day ?

Ce jour férié du Massachusetts et du Maine commémore les combats du 19 avril 1775. Il est fixé au troisième lundi d'avril, jour du marathon de Boston, et donne lieu à des reconstitutions à Lexington et Concord.