Bataille de Fort Sumter (1861)

Guerre de Sécession : victoire confédérée, reddition du fort, 12 avril 1861 – 13 avril 1861.

Mis à jour le

Guerre
Guerre de Sécession
Date
12 avril 1861 – 13 avril 1861
Lieu
Port de Charleston (Caroline du Sud)
Issue
Victoire confédérée, reddition du fort

À l'aube du 12 avril 1861, les batteries confédérées du port de Charleston, en Caroline du Sud, ouvrent le feu sur Fort Sumter, tenu par une petite garnison fédérale. Après 34 heures de bombardement, le major Robert Anderson capitule. Sans mort au combat, cet affrontement déclenche la guerre de Sécession : Lincoln appelle 75 000 volontaires et quatre États du Sud supplémentaires rejoignent la Confédération.

Forces en présence

CampCommandementEffectifs
UnionRobert Anderson85 officiers et soldats, environ 40 ouvriers civils
ConfédérationP. G. T. Beauregardplusieurs milliers d'hommes autour du port, une quarantaine de canons et mortiers en batterie

Carte

Contexte

L'élection d'Abraham Lincoln en novembre 1860, sur un programme hostile à l'extension de l'esclavage, pousse la Caroline du Sud à proclamer sa sécession le 20 décembre ; six autres États du Sud profond suivent et forment en février 1861 les États confédérés d'Amérique. Les nouveaux gouvernements s'emparent des forts et arsenaux fédéraux sur leur territoire. À Charleston, le major Anderson quitte dans la nuit du 26 décembre Fort Moultrie, indéfendable, pour Fort Sumter, une forteresse de briques inachevée bâtie sur une île artificielle à l'entrée du port. En janvier, le navire Star of the West, envoyé le ravitailler, est repoussé par des tirs. Entré en fonctions le 4 mars, Lincoln refuse d'évacuer le fort mais annonce au gouverneur de Caroline du Sud l'envoi de vivres seulement, sans armes ni renforts. Le gouvernement confédéré de Jefferson Davis décide d'exiger la reddition avant l'arrivée de l'expédition.

Déroulement de la bataille

L'ultimatum. Le 11 avril, des émissaires du général Beauregard demandent l'évacuation du fort. Anderson, qui fut le professeur d'artillerie de Beauregard à West Point, refuse tout en indiquant que la faim l'obligera à partir dans quelques jours. Le fort, conçu pour 135 canons, n'en a qu'une soixantaine en place, et ses quelque 85 soldats ne peuvent en servir qu'une partie. Les négociations échouent dans la nuit.

Le bombardement. À 4 h 30 le 12 avril, un obus de mortier tiré de Fort Johnson donne le signal ; les batteries de Fort Moultrie, de l'île de Morris, de Cummings Point et une batterie flottante ouvrent le feu à leur tour. La garnison, à court de munitions et d'hommes, ne riposte qu'au lever du jour, le capitaine Abner Doubleday tirant le premier coup de canon de l'Union. Anderson renonce à servir les pièces de la plateforme supérieure, trop exposées, et ne tire que depuis les casemates, dont les calibres atteignent mal les batteries adverses. L'escadre de secours, arrivée au large, ne peut intervenir. Environ 3 000 projectiles tombent sur le fort.

La reddition. Le 13 avril, des boulets rougis incendient les casernements de bois ; le feu menace la poudrière et les hommes, suffoquant, doivent jeter des barils de poudre à la mer. En début d'après-midi, le drapeau tombe, puis un ancien sénateur texan, Louis Wigfall, rame jusqu'au fort pour proposer une reddition. Anderson accepte le principe d'une évacuation, dont les termes sont réglés avec Beauregard dans la soirée. Le 14 avril, la garnison salue son drapeau et quitte le fort avec les honneurs, avant d'embarquer pour New York.

Pertes

Le bombardement ne fait aucun mort. Le seul décès survient le 14 avril, pendant le salut de cent coups de canon accordé à la garnison : une explosion accidentelle tue le soldat Daniel Hough et blesse mortellement Edward Galloway, plusieurs autres étant blessés. Ce sont les premiers morts de la guerre de Sécession.

Conséquences

Le 15 avril, Lincoln appelle 75 000 miliciens pour réprimer l'insurrection. Refusant de fournir des troupes contre le Sud, la Virginie fait sécession le 17 avril, suivie de l'Arkansas, de la Caroline du Nord et du Tennessee ; la capitale confédérée est transférée à Richmond. Au Nord, l'attaque soude l'opinion derrière l'Union, et Anderson est accueilli en héros. La Confédération tiendra Fort Sumter pendant presque toute la guerre, malgré deux ans de bombardements de l'Union à partir de 1863, qui le réduisent à l'état de ruines. Charleston n'est évacuée qu'en février 1865. Le 14 avril 1865, quatre ans jour pour jour après la reddition, Anderson hisse sur le fort le même drapeau ; le soir même, Lincoln est assassiné au théâtre Ford, à Washington.

Visiter les lieux

  • Fort Sumter and Fort Moultrie National Historical ParkLe fort, réduit par les bombardements puis remanié à la fin du XIXe siècle, se visite après une traversée en bateau depuis Charleston.
  • Fort Moultrie (Sullivan's Island)Le fort côtier abandonné par Anderson en décembre 1860 présente l'évolution des défenses du port, de 1776 à 1947.
  • CharlestonLes quais de la Battery offrent une vue directe sur l'entrée du port et Fort Sumter.

Questions fréquentes

Qui a tiré le premier coup de canon de la guerre de Sécession ?

Le premier obus, tiré de Fort Johnson à 4 h 30 le 12 avril 1861, est attribué au lieutenant Henry S. Farley, sur ordre du capitaine George S. James. L'agitateur sécessionniste Edmund Ruffin a revendiqué ce premier tir, mais il a seulement tiré l'un des premiers coups depuis l'île de Morris.

Y a-t-il eu des morts à Fort Sumter ?

Pas pendant le bombardement. Deux soldats de l'Union sont morts des suites d'une explosion accidentelle pendant le salut au drapeau, le 14 avril 1861.

Pourquoi Fort Sumter a-t-il déclenché la guerre ?

En tirant sur une garnison fédérale ravitaillée en vivres, la Confédération est apparue comme l'agresseur. Lincoln a répondu en appelant 75 000 volontaires, ce qui a provoqué la sécession de quatre États supplémentaires et rendu la guerre inévitable.