Sitting Bull

Chef et homme-médecine hunkpapa lakota (1831-1890) : un portrait pour comprendre son rôle dans l’histoire américaine.

Mis à jour le

Domaine
Chef et homme-médecine hunkpapa lakota
Naissance
1831, Bords de la Grand River, territoire lakota (actuel Dakota du Sud), bien avant la création de l'État ; année approximative
Décès
15 décembre 1890

Sitting Bull (Tatanka Iyotake, vers 1831-1890) est le chef spirituel et politique des Lakotas hunkpapas qui refuse de céder les Black Hills aux États-Unis. Figure centrale de la coalition lakota et cheyenne victorieuse à Little Bighorn en 1876, il se réfugie au Canada avant de se rendre en 1881. Devenu célèbre, il participe un temps au spectacle de Buffalo Bill. Il est tué en 1890 lors d'une tentative d'arrestation par la police indienne de la réserve de Standing Rock.

Biographie

Né vers 1831 au bord de la Grand River, dans l'actuel Dakota du Sud, le jeune Hunkpapa reçoit le nom de son père, Tatanka Iyotake, après avoir compté son premier coup contre les Crows, à 14 ans. Guerrier réputé, il est aussi un homme-médecine et un visionnaire, respecté pour sa générosité.

Dans les années 1860, alors que chercheurs d'or et forts militaires gagnent les terres lakotas, il combat l'armée et refuse le traité de Fort Laramie (1868), qui garantit pourtant aux Lakotas la Grande Réserve sioux et les Black Hills. Les bandes non signataires le reconnaissent comme leur chef. En 1874, l'expédition de George Custer confirme la présence d'or dans les Black Hills ; Washington tente de les acheter, puis ordonne aux bandes de rejoindre les réserves avant le 31 janvier 1876.

Début juin 1876, lors d'une danse du soleil, Sitting Bull a la vision de soldats tombant dans le camp. Le 25 juin, le 7e régiment de cavalerie de Custer attaque le grand campement lakota, cheyenne et arapaho de la Little Bighorn : Custer et plus de 260 de ses hommes sont tués. Sitting Bull n'y commande pas les combattants, mais il est l'âme de la résistance. Pourchassé, il conduit les siens au Canada en 1877. La disparition des bisons et la faim l'obligent à se rendre à Fort Buford, le 19 juillet 1881. Détenu près de deux ans à Fort Randall, il est ensuite installé dans la réserve de Standing Rock.

En 1885, il se produit quatre mois dans le Wild West de Buffalo Bill. Il s'oppose en 1889 au démembrement de la Grande Réserve. Lorsque le mouvement de la danse des Esprits gagne les Lakotas, l'agent James McLaughlin, qui le soupçonne de l'encourager, ordonne son arrestation. À l'aube du 15 décembre 1890, une fusillade éclate devant sa cabane : Sitting Bull, son fils Crow Foot et plusieurs de ses partisans sont tués, ainsi que six policiers.

Héritage

Sitting Bull incarne la résistance amérindienne à la conquête, et son refus de vendre les Black Hills reste au cœur de la revendication lakota : en 1980, la Cour suprême a jugé leur saisie illégale et accordé une indemnité, que les nations lakotas ont refusée en réclamant la restitution des terres. Sa mort, deux semaines avant le massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890), clôt symboliquement les guerres des Plaines. Ses restes, inhumés à Fort Yates, au Dakota du Nord, ont été transférés en 1953 par des descendants près de Mobridge, au Dakota du Sud, ce que contestent d'autres membres de la communauté. Ses portraits photographiques et son passage dans le Wild West ont aussi nourri le stéréotype du « chef indien ». Voir la page consacrée aux Lakotas et celle de son contemporain Crazy Horse.

À retenir

  • Son nom, Tatanka Iyotake, évoque un bison mâle assis sur son arrière-train, inébranlable.
  • Il donne en 1884 à la tireuse Annie Oakley le surnom de « Little Sure Shot » et l'adopte symboliquement.
  • Après Little Bighorn, il vit près de quatre ans au Canada, à Wood Mountain, dans l'actuelle Saskatchewan.
  • Lors de sa reddition à Fort Buford, il fait remettre son fusil par son jeune fils Crow Foot.
  • Il n'a jamais signé le traité de Fort Laramie de 1868.

Lieux de mémoire

  • Little Bighorn Battlefield National Monument (Montana)Le champ de bataille de 1876, avec le mémorial indien inauguré en 2003 près du monument de la cavalerie.
  • Fort Buford State Historic Site (Dakota du Nord)Le fort où il s'est rendu en 1881, au confluent du Missouri et de la Yellowstone.
  • Sitting Bull Monument, près de Mobridge (Dakota du Sud)Sa sépulture présumée depuis 1953, surmontée d'un buste sculpté par Korczak Ziolkowski, l'auteur du Crazy Horse Memorial.

Questions fréquentes

Sitting Bull a-t-il tué Custer ?

Non. Âgé d'environ 45 ans, il ne combat guère à Little Bighorn et veille sur le camp. On ignore qui a tué Custer ; plusieurs guerriers lakotas et cheyennes l'ont revendiqué. Le rôle de Sitting Bull est celui d'un chef spirituel dont la vision annonçait la victoire.

Pourquoi Sitting Bull a-t-il été tué ?

Les autorités craignaient qu'il prenne la tête du mouvement de la danse des Esprits, qui inquiétait les colons et l'armée. Lors de son arrestation par la police indienne, ses partisans s'interposent ; un coup de feu déclenche une fusillade au cours de laquelle les policiers l'abattent.

Sitting Bull a-t-il travaillé avec Buffalo Bill ?

Oui, pendant quatre mois en 1885, dans une tournée aux États-Unis et au Canada. Il y était bien payé et vendait ses portraits dédicacés. Il refusa de suivre la troupe en Europe l'année suivante.

Où est enterré Sitting Bull ?

Il a d'abord été inhumé à Fort Yates, dans la partie nord-dakotienne de la réserve de Standing Rock. En 1953, des descendants ont exhumé des restes pour les réinhumer près de Mobridge, au Dakota du Sud. Les deux sites revendiquent sa tombe.