Geronimo
Chef de guerre et homme-médecine apache chiricahua (1829-1909) : un portrait pour comprendre son rôle dans l’histoire américaine.
- Domaine
- Chef de guerre et homme-médecine apache chiricahua
- Naissance
- 1829-06, Région du haut Gila, alors territoire mexicain (actuel Nouveau-Mexique ou Arizona) ; jour de naissance inconnu
- Décès
- 17 février 1909
Geronimo (Goyahkla, 1829-1909) est un guerrier et homme-médecine apache, figure de la dernière résistance armée des Apaches chiricahuas. Après le massacre de sa famille par des soldats mexicains, il mène pendant des décennies des raids des deux côtés de la frontière. Sa reddition, en septembre 1886 en Arizona, marque la fin des guerres apaches. Prisonnier de guerre jusqu'à sa mort, il devient paradoxalement une célébrité nationale.
Biographie
Goyahkla, « celui qui bâille », naît en juin 1829 chez les Bedonkohes, un groupe apparenté aux Chiricahuas, près des sources du Gila, dans une région alors mexicaine. Vers 1851, alors que les hommes commercent à Janos, au Chihuahua, des troupes mexicaines attaquent leur camp : sa mère, sa femme Alope et leurs trois enfants sont tués. Geronimo, qui dit avoir reçu à cette époque un pouvoir le protégeant des balles, participe aux expéditions de vengeance ; ses adversaires mexicains lui donnent le nom de Geronimo, peut-être en invoquant saint Jérôme.
Il combat aux côtés de Mangas Coloradas et de Cochise contre les Mexicains, puis contre les Américains, qui ont acquis la région par le traité de Guadalupe Hidalgo (1848) et l'achat Gadsden (1853). Il n'est pas chef héréditaire, mais un chef de guerre et un homme-médecine écouté. En 1876, Washington décide de concentrer les Apaches dans la réserve de San Carlos, une plaine aride où sévissent maladies et pénuries. Geronimo s'en échappe à plusieurs reprises, notamment en 1881 et 1885, et se réfugie dans la Sierra Madre, au Mexique.
En mars 1886, il négocie sa reddition avec le général George Crook, puis s'enfuit de nouveau. Traqué par environ 5 000 soldats américains et des troupes mexicaines, son groupe, une trentaine d'hommes, de femmes et d'enfants, se rend au général Nelson Miles le 4 septembre 1886 à Skeleton Canyon, en Arizona. Contrairement aux promesses, tous les Chiricahuas, y compris les éclaireurs qui avaient servi l'armée, sont déportés en Floride, puis en Alabama, où beaucoup meurent de maladie.
Transféré en 1894 à Fort Sill, en Oklahoma, Geronimo cultive des melons, vend des photographies dédicacées et se produit à l'Exposition universelle de Saint-Louis en 1904. En 1905, il défile lors de l'investiture de Theodore Roosevelt, à qui il demande en vain de rentrer en Arizona. Il dicte son autobiographie en 1905-1906 et meurt d'une pneumonie à Fort Sill le 17 février 1909, toujours prisonnier de guerre.
Héritage
Geronimo est devenu l'Amérindien le plus célèbre de son temps, au point que les parachutistes américains crient son nom en sautant depuis 1940. Pour les Apaches, il reste un défenseur de son peuple, même si certains Chiricahuas lui reprochaient d'avoir prolongé une guerre qui a valu la déportation à tous, y compris aux éclaireurs restés fidèles à l'armée. Les Chiricahuas ne sont libérés qu'en 1913-1914, après vingt-sept ans de captivité ; une partie rejoint les Mescaleros au Nouveau-Mexique, l'autre reste en Oklahoma, où se forme la tribu apache de Fort Sill. En 2011, le choix de « Geronimo » comme nom de code lors de l'opération contre Oussama ben Laden a suscité de vives protestations amérindiennes. Voir la page consacrée aux Apaches.
À retenir
- Son nom apache, Goyahkla, signifie « celui qui bâille ».
- Lors de sa reddition finale, son groupe ne comptait qu'une trentaine de personnes, dont seize guerriers, face à environ un quart de l'armée régulière américaine.
- Il n'a jamais été autorisé à retourner en Arizona.
- Son autobiographie, Geronimo's Story of His Life, recueillie par S. M. Barrett, paraît en 1906.
- Il est mort prisonnier de guerre, comme tous les Chiricahuas jusqu'en 1913.
Lieux de mémoire
- Fort Sill (Oklahoma)Base militaire abritant sa tombe, dans le cimetière apache des prisonniers de guerre, et un musée historique ; l'accès suppose un contrôle à l'entrée.
- Fort Bowie National Historic Site (Arizona)Ruines du fort qui gardait l'Apache Pass, d'où les Chiricahuas ont été déportés en 1886.
- Chiricahua National Monument (Arizona)Les montagnes de la patrie chiricahua et leurs étonnantes colonnes rocheuses.
Questions fréquentes
Geronimo était-il un chef ?
Pas au sens d'un chef héréditaire ou élu, comme Cochise ou Mangas Coloradas. C'était un chef de guerre et un homme-médecine dont l'autorité reposait sur ses exploits et ses pouvoirs spirituels. La presse américaine en a fait le « chef » des Apaches.
Pourquoi crie-t-on « Geronimo ! » en sautant ?
La tradition remonte à 1940 : à Fort Benning, en Géorgie, un parachutiste de l'armée, Aubrey Eberhardt, aurait crié son nom lors d'un saut après avoir vu un film sur Geronimo. L'habitude s'est répandue chez les parachutistes, puis dans le langage courant.
Où est enterré Geronimo ?
Au cimetière des prisonniers de guerre apaches de Fort Sill, en Oklahoma. Des descendants ont demandé que ses restes soient rapatriés en Arizona ou au Nouveau-Mexique ; une légende tenace prétend que des membres d'une société secrète de Yale auraient dérobé son crâne en 1918, ce qui n'a jamais été prouvé.