Les Visiteurs en Amérique, le remake hollywoodien des Visiteurs

Les Visiteurs en Amérique (Just Visiting en version originale) est le remake américain de la comédie française Les Visiteurs, sorti en 2001. Jean Reno et Christian Clavier y reprennent leurs rôles de chevalier et de valet médiévaux, projetés cette fois dans le Chicago d'aujourd'hui.

Mis à jour le

Fiche du film

Titre original
Just Visiting
Sortie
2001 (États-Unis et France)
Réalisation
Jean-Marie Poiré (crédité Jean-Marie Gaubert)
Scénario
Jean-Marie Poiré, Christian Clavier, John Hughes
Production
Gaumont et Hollywood Pictures (groupe Disney)
Langue
Anglais

Le film est une coproduction franco-américaine tournée en anglais. Gaumont, producteur du film original, s'associe à Hollywood Pictures, l'un des labels de Disney, pour adapter la comédie au public américain. Le réalisateur du film de 1993, Jean-Marie Poiré, reste aux commandes, mais signe sous son nom de naissance, Gaubert.

Le point de départ : le triomphe des Visiteurs (1993)

Les Visiteurs, sorti en janvier 1993, raconte comment le chevalier Godefroy de Montmirail et son écuyer Jacquouille la Fripouille, envoyés par erreur de l'an 1123 dans la France des années 1990, sèment le chaos chez leurs descendants. Avec plus de 13 millions d'entrées, c'est l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma français. Il a eu deux suites en France : Les Couloirs du temps (1998) et La Révolution (2016).

Hollywood rachète depuis les années 1980 les droits de comédies françaises à succès pour les refaire avec des acteurs américains. Le cas des Visiteurs est original : les deux vedettes françaises sont conservées et jouent en anglais, entourées d'une distribution américaine.

L'histoire : du Moyen Âge au Chicago moderne

Au XIIe siècle, le chevalier Thibault de Malfête (Jean Reno), victime du sortilège d'une sorcière, tue par erreur sa fiancée Rosalind le jour de ses noces. Il supplie un enchanteur (Malcolm McDowell) de le renvoyer quelques instants en arrière pour empêcher le drame. Mais la potion est mal dosée : Thibault et son valet André (Christian Clavier) atterrissent dans le Chicago contemporain.

Ils y rencontrent Julia Malfête (Christina Applegate, qui joue aussi Rosalind), descendante de Thibault, sur le point de se faire déposséder par son fiancé Hunter (Matt Ross), qui convoite le domaine familial. Le comique repose sur les mêmes ressorts que l'original : le chevalier qui prend une voiture pour un char maléfique, le valet goinfre et grossier, le choc entre l'étiquette féodale et la vie moderne. André, qui découvre une liberté inconnue des serfs, s'éprend d'Angélique (Tara Reid) et n'a guère envie de rentrer.

Ce qui change par rapport à l'original

Les Visiteurs (1993)Les Visiteurs en Amérique (2001)
ChevalierGodefroy de MontmirailThibault de Malfête
ValetJacquouille la FripouilleAndré
DescendanteBéatrice (Valérie Lemercier)Julia (Christina Applegate)
Décor moderneLa France des années 1990Chicago et sa banlieue
TonComédie grinçante, argot, humour de casteComédie familiale plus sage

Le scénario a été retravaillé avec John Hughes, le scénariste de Maman, j'ai raté l'avion et de Breakfast Club, spécialiste de la comédie familiale de banlieue. Une grande partie de l'humour du film français, fondée sur la langue (l'ancien français de Godefroy, le parler de Jacquouille, le snobisme de Jacquart, le descendant parvenu), se prête mal à la traduction ; le remake mise davantage sur le burlesque et une romance plus présente.

Le tournage à Chicago

Le choix de Chicago, et non de New York ou de Los Angeles, donne au film son décor de grande ville du Midwest : gratte-ciel du Loop, rives du lac Michigan, quartiers résidentiels et banlieues aisées où vit la famille Malfête. La ville était déjà le cadre de plusieurs comédies de John Hughes. Les scènes médiévales, elles, se déroulent dans un décor de château et de forêt d'inspiration anglaise. Pour découvrir la ville elle-même, voir aussi vivre à Chicago et l'Illinois.

Accueil et postérité

Sorti au printemps 2001, le film est un échec commercial aux États-Unis, où ses recettes restent très en deçà de son budget, et la critique américaine le juge sévèrement. En France, où le public connaît l'original par cœur, il attire nettement moins de spectateurs que les deux premiers volets. Il reste un exemple souvent cité des difficultés à transposer l'humour d'une comédie française, malgré la notoriété internationale de Jean Reno, alors bien installé à Hollywood depuis Léon et Mission impossible.

D'autres remakes ont mieux réussi, comme Trois hommes et un bébé (1987, d'après Trois hommes et un couffin) ou The Birdcage (1996, d'après La Cage aux folles). Sur la place du cinéma français à Hollywood, voir Hollywood et le cinéma américain ; sur l'image de l'Amérique dans le cinéma européen, Il était une fois en Amérique. Plus largement, la page France – États-Unis retrace les liens entre les deux pays.

Questions fréquentes

Qui joue dans Les Visiteurs en Amérique ?

Jean Reno (Thibault), Christian Clavier (André), Christina Applegate (Julia et Rosalind), Matt Ross (Hunter), Tara Reid (Angélique) et Malcolm McDowell (l'enchanteur).

Où a été tourné Les Visiteurs en Amérique ?

Principalement à Chicago et dans ses environs, qui servent de cadre à toute la partie contemporaine du film.

Le film est-il en anglais ?

Oui. Jean Reno et Christian Clavier y jouent en anglais . En France, le film est sorti en version doublée et en version originale sous-titrée.

Est-ce une suite des Visiteurs ?

Non, c'est un remake : il reprend le principe du film de 1993 avec de nouveaux personnages et une intrigue adaptée. Les suites officielles sont Les Couloirs du temps (1998) et La Révolution (2016).

Sources