Texte de la Déclaration d'indépendance des États-Unis
Voici l'intégralité de la Déclaration d'indépendance adoptée le 4 juillet 1776 par le Congrès continental : le texte anglais du parchemin conservé aux Archives nationales et, en regard, une traduction française fidèle, découpée en cinq parties.
Le texte compte environ 1 330 mots. Il suit un plan d'argumentation juridique : un principe général (le droit d'un peuple à changer de gouvernement), des faits (les griefs contre le roi), la preuve que les recours ont été épuisés, puis la conclusion (l'indépendance). L'orthographe et les majuscules de l'original sont conservées (shewn, compleat, Brittish). Le contexte de la rédaction, le rôle de Thomas Jefferson et la postérité du texte sont présentés dans l'article sur la Déclaration d'indépendance ; cette page se concentre sur le texte lui-même.
Titre et introduction
Le titre parle des « treize États unis d'Amérique », avec une minuscule à united sur le parchemin : en 1776, il s'agit encore d'États alliés plus que d'une nation. L'adjectif « unanime » ne fut acquis que le 15 juillet, quand la délégation de New York, qui s'était abstenue, reçut l'autorisation de voter l'indépendance. La première phrase annonce l'objectif : expliquer au monde, et notamment aux puissances européennes dont on espère l'aide, les causes de la séparation.
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| In Congress, July 4, 1776. The unanimous Declaration of the thirteen united States of America, | Au Congrès, le 4 juillet 1776. Déclaration unanime des treize États unis d'Amérique. |
| When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another, and to assume among the powers of the earth, the separate and equal station to which the Laws of Nature and of Nature's God entitle them, a decent respect to the opinions of mankind requires that they should declare the causes which impel them to the separation. | Lorsque, dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de rompre les liens politiques qui l'ont uni à un autre, et de prendre parmi les puissances de la terre la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, un juste égard pour l'opinion de l'humanité exige qu'il expose les causes qui le poussent à la séparation. |
Le préambule : égalité, droits et droit de résistance
Ce passage, le plus célèbre, résume la philosophie politique des Lumières anglaises, en particulier celle de John Locke : les droits naturels précèdent l'État, le gouvernement repose sur le consentement des gouvernés, et le peuple peut renverser un pouvoir devenu tyrannique. Jefferson remplace la triade lockéenne « la vie, la liberté et la propriété » par « la recherche du bonheur ». Le texte prend soin de préciser que la révolte n'est légitime qu'après « une longue suite d'abus », ce qui justifie la liste qui suit.
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness.—That to secure these rights, Governments are instituted among Men, deriving their just powers from the consent of the governed, —That whenever any Form of Government becomes destructive of these ends, it is the Right of the People to alter or to abolish it, and to institute new Government, laying its foundation on such principles and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their Safety and Happiness. | Nous tenons ces vérités pour évidentes en soi : que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Que, pour garantir ces droits, les gouvernements sont institués parmi les hommes et tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés. Que, chaque fois qu'une forme de gouvernement devient destructrice de ces fins, le peuple a le droit de la modifier ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en organisant ses pouvoirs dans les formes qui lui sembleront les plus propres à assurer sa sûreté et son bonheur. |
| Prudence, indeed, will dictate that Governments long established should not be changed for light and transient causes; and accordingly all experience hath shewn, that mankind are more disposed to suffer, while evils are sufferable, than to right themselves by abolishing the forms to which they are accustomed. But when a long train of abuses and usurpations, pursuing invariably the same Object evinces a design to reduce them under absolute Despotism, it is their right, it is their duty, to throw off such Government, and to provide new Guards for their future security. | La prudence veut, certes, que des gouvernements établis de longue date ne soient pas changés pour des causes légères et passagères ; et l'expérience a toujours montré que les hommes sont plus disposés à souffrir, tant que les maux sont supportables, qu'à se faire justice en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, poursuivant invariablement le même objet, révèle le dessein de les soumettre à un despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir, de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir par de nouvelles garanties à leur sécurité future. |
| Such has been the patient sufferance of these Colonies; and such is now the necessity which constrains them to alter their former Systems of Government. The history of the present King of Great Britain is a history of repeated injuries and usurpations, all having in direct object the establishment of an absolute Tyranny over these States. To prove this, let Facts be submitted to a candid world. | Telle a été la patiente endurance de ces colonies ; et telle est aujourd'hui la nécessité qui les contraint à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est une histoire d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes ont pour objet direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, que les faits soient soumis à un monde impartial. |
Les vingt-sept griefs contre George III
Le réquisitoire vise le roi personnellement et ne nomme jamais le Parlement de Londres, dont les colons contestent l'autorité sur eux. Les douze premiers griefs dénoncent l'usage que George III et ses gouverneurs font de leurs prérogatives : veto sur les lois coloniales, dissolution des assemblées (celles du Massachusetts et de la Virginie notamment), juges révocables, troupes stationnées en temps de paix.
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| He has refused his Assent to Laws, the most wholesome and necessary for the public good. | Il a refusé son assentiment aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. |
| He has forbidden his Governors to pass Laws of immediate and pressing importance, unless suspended in their operation till his Assent should be obtained; and when so suspended, he has utterly neglected to attend to them. | Il a interdit à ses gouverneurs d'adopter des lois d'une importance immédiate et pressante, à moins d'en suspendre l'application jusqu'à l'obtention de son assentiment ; et, une fois ces lois suspendues, il a totalement négligé de s'en occuper. |
| He has refused to pass other Laws for the accommodation of large districts of people, unless those people would relinquish the right of Representation in the Legislature, a right inestimable to them and formidable to tyrants only. | Il a refusé d'adopter d'autres lois en faveur de vastes districts peuplés, à moins que leurs habitants ne renoncent au droit d'être représentés dans la législature, droit inestimable pour eux et redoutable aux seuls tyrans. |
| He has called together legislative bodies at places unusual, uncomfortable, and distant from the depository of their public Records, for the sole purpose of fatiguing them into compliance with his measures. | Il a convoqué des corps législatifs en des lieux inhabituels, incommodes et éloignés du dépôt de leurs archives publiques, dans le seul but de les lasser jusqu'à ce qu'ils se plient à ses mesures. |
| He has dissolved Representative Houses repeatedly, for opposing with manly firmness his invasions on the rights of the people. | Il a dissous à maintes reprises des chambres de représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses atteintes aux droits du peuple. |
| He has refused for a long time, after such dissolutions, to cause others to be elected; whereby the Legislative powers, incapable of Annihilation, have returned to the People at large for their exercise; the State remaining in the mean time exposed to all the dangers of invasion from without, and convulsions within. | Il a refusé longtemps, après ces dissolutions, d'en faire élire d'autres ; de sorte que les pouvoirs législatifs, qui ne peuvent être anéantis, sont revenus au peuple tout entier pour être exercés, l'État restant pendant ce temps exposé à tous les dangers d'une invasion extérieure et de troubles intérieurs. |
| He has endeavoured to prevent the population of these States; for that purpose obstructing the Laws for Naturalization of Foreigners; refusing to pass others to encourage their migrations hither, and raising the conditions of new Appropriations of Lands. | Il s'est efforcé d'empêcher le peuplement de ces États ; à cette fin, il a fait obstacle aux lois de naturalisation des étrangers, refusé d'en adopter d'autres pour encourager leur venue ici et durci les conditions des nouvelles attributions de terres. |
| He has obstructed the Administration of Justice, by refusing his Assent to Laws for establishing Judiciary powers. | Il a entravé l'administration de la justice en refusant son assentiment aux lois établissant des pouvoirs judiciaires. |
| He has made Judges dependent on his Will alone, for the tenure of their offices, and the amount and payment of their salaries. | Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté pour la durée de leurs fonctions ainsi que pour le montant et le paiement de leurs traitements. |
| He has erected a multitude of New Offices, and sent hither swarms of Officers to harrass our people, and eat out their substance. | Il a créé une multitude de nouveaux offices et envoyé ici des nuées de fonctionnaires pour harceler notre peuple et dévorer sa subsistance. |
| He has kept among us, in times of peace, Standing Armies without the Consent of our legislatures. | Il a maintenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. |
| He has affected to render the Military independent of and superior to the Civil power. | Il a prétendu rendre le pouvoir militaire indépendant du pouvoir civil et supérieur à lui. |
Les dix griefs suivants, introduits par « Pour… », visent les lois du Parlement auxquelles le roi a donné son assentiment : la loi sur le cantonnement des troupes (1765 et 1774), l'Administration of Justice Act de 1774 permettant de juger en Angleterre les soldats accusés de meurtre, la fermeture des ports et le blocus de 1775, les taxes du Stamp Act (1765) et des lois Townshend (1767), les tribunaux d'amirauté sans jury, la suppression de la charte du Massachusetts (1774) et le Declaratory Act de 1766, qui affirmait le droit du Parlement de légiférer pour les colonies « en toute matière ». La « province voisine » est le Québec : l'Acte de Québec de 1774 y rétablit le droit civil français, sans assemblée élue, et étend la province jusqu'à la vallée de l'Ohio, que convoitaient les colons (voir la Nouvelle-France).
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| He has combined with others to subject us to a jurisdiction foreign to our constitution, and unacknowledged by our laws; giving his Assent to their Acts of pretended Legislation: | Il s'est associé à d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à notre constitution et non reconnue par nos lois, en donnant son assentiment à leurs actes de prétendue législation : |
| For Quartering large bodies of armed troops among us: | Pour cantonner parmi nous d'importants corps de troupes armées ; |
| For protecting them, by a mock Trial, from punishment for any Murders which they should commit on the Inhabitants of these States: | Pour les soustraire, par un simulacre de procès, au châtiment des meurtres qu'elles commettraient sur les habitants de ces États ; |
| For cutting off our Trade with all parts of the world: | Pour couper notre commerce avec toutes les parties du monde ; |
| For imposing Taxes on us without our Consent: | Pour nous imposer des taxes sans notre consentement ; |
| For depriving us in many cases, of the benefits of Trial by Jury: | Pour nous priver, dans bien des cas, du bénéfice du jugement par jury ; |
| For transporting us beyond Seas to be tried for pretended offences: | Pour nous transporter au-delà des mers afin d'y être jugés pour de prétendus délits ; |
| For abolishing the free System of English Laws in a neighbouring Province, establishing therein an Arbitrary government, and enlarging its Boundaries so as to render it at once an example and fit instrument for introducing the same absolute rule into these Colonies: | Pour abolir le libre système des lois anglaises dans une province voisine, y établir un gouvernement arbitraire et en étendre les frontières, afin d'en faire à la fois un exemple et un instrument propre à introduire le même pouvoir absolu dans ces colonies ; |
| For taking away our Charters, abolishing our most valuable Laws, and altering fundamentally the Forms of our Governments: | Pour nous retirer nos chartes, abolir nos lois les plus précieuses et altérer dans leur fondement les formes de nos gouvernements ; |
| For suspending our own Legislatures, and declaring themselves invested with power to legislate for us in all cases whatsoever. | Pour suspendre nos propres législatures et se déclarer investis du pouvoir de légiférer pour nous en toute matière, quelle qu'elle soit. |
Les cinq derniers griefs relèvent de la guerre déjà engagée : proclamation royale de rébellion (août 1775), bombardement et incendie de Falmouth, l'actuelle Portland dans le Maine (octobre 1775), recrutement de mercenaires allemands, enrôlement forcé de marins américains. Le dernier vise à la fois l'appel du gouverneur de Virginie aux esclaves pour qu'ils rejoignent les troupes britanniques (novembre 1775) et l'alliance de Londres avec des nations amérindiennes. Les termes employés pour désigner ces dernières reflètent les préjugés de l'époque ; ils sont traduits sans atténuation. Un grief contre la traite négrière, présent dans le brouillon de Jefferson, a été supprimé par le Congrès (voir l'esclavage aux États-Unis).
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| He has abdicated Government here, by declaring us out of his Protection and waging War against us. | Il a abdiqué le gouvernement ici en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. |
| He has plundered our seas, ravaged our Coasts, burnt our towns, and destroyed the lives of our people. | Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, incendié nos villes et détruit la vie de nos concitoyens. |
| He is at this time transporting large Armies of foreign Mercenaries to compleat the works of death, desolation and tyranny, already begun with circumstances of Cruelty & perfidy scarcely paralleled in the most barbarous ages, and totally unworthy the Head of a civilized nation. | Il transporte en ce moment de grandes armées de mercenaires étrangers pour achever l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie déjà commencée dans des circonstances de cruauté et de perfidie à peine égalées aux époques les plus barbares, et totalement indignes du chef d'une nation civilisée. |
| He has constrained our fellow Citizens taken Captive on the high Seas to bear Arms against their Country, to become the executioners of their friends and Brethren, or to fall themselves by their Hands. | Il a contraint nos concitoyens faits prisonniers en haute mer à porter les armes contre leur pays, à devenir les bourreaux de leurs amis et de leurs frères, ou à tomber eux-mêmes sous leurs coups. |
| He has excited domestic insurrections amongst us, and has endeavoured to bring on the inhabitants of our frontiers, the merciless Indian Savages, whose known rule of warfare, is an undistinguished destruction of all ages, sexes and conditions. | Il a suscité parmi nous des insurrections intestines et s'est efforcé de lancer contre les habitants de nos frontières les impitoyables sauvages indiens, dont la règle de guerre bien connue est la destruction indistincte de tous, sans égard à l'âge, au sexe ni à la condition. |
Les appels restés vains
Avant de conclure, le texte établit que les colons ont épuisé les voies pacifiques : pétitions au roi, dont la pétition du rameau d'olivier de juillet 1775, que George III refusa de recevoir, et appels au peuple britannique. La formule finale, « ennemis dans la guerre, amis dans la paix », laisse ouverte la réconciliation future.
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| In every stage of these Oppressions We have Petitioned for Redress in the most humble terms: Our repeated Petitions have been answered only by repeated injury. A Prince, whose character is thus marked by every act which may define a Tyrant, is unfit to be the ruler of a free people. | À chaque étape de ces oppressions, nous avons demandé réparation dans les termes les plus humbles : nos pétitions répétées n'ont reçu pour toute réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par tous les actes qui définissent un tyran est inapte à gouverner un peuple libre. |
| Nor have We been wanting in attentions to our Brittish brethren. We have warned them from time to time of attempts by their legislature to extend an unwarrantable jurisdiction over us. We have reminded them of the circumstances of our emigration and settlement here. We have appealed to their native justice and magnanimity, and we have conjured them by the ties of our common kindred to disavow these usurpations, which, would inevitably interrupt our connections and correspondence. They too have been deaf to the voice of justice and of consanguinity. We must, therefore, acquiesce in the necessity, which denounces our Separation, and hold them, as we hold the rest of mankind, Enemies in War, in Peace Friends. | Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères britanniques. Nous les avons avertis à maintes reprises des tentatives de leur législature pour étendre sur nous une juridiction injustifiable. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement ici. Nous en avons appelé à leur sens inné de la justice et à leur magnanimité, et nous les avons conjurés, au nom des liens de notre parenté commune, de désavouer ces usurpations, qui ne pourraient qu'interrompre nos relations et nos échanges. Eux aussi sont restés sourds à la voix de la justice et du sang. Nous devons donc nous résigner à la nécessité qui impose notre séparation, et les tenir, comme nous tenons le reste de l'humanité, pour des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix. |
La proclamation d'indépendance
La conclusion reprend presque mot pour mot la résolution présentée le 7 juin 1776 par Richard Henry Lee et votée le 2 juillet : les colonies « sont, et sont de droit, des États libres et indépendants ». L'énumération des pouvoirs (guerre, paix, alliances, commerce) vise directement la France, avec laquelle le Congrès négociera l'alliance de 1778 (voir les relations entre la France et les États-Unis). Le dernier engagement, « nos vies, nos biens et notre honneur sacré », n'est pas rhétorique : les signataires s'exposaient à une condamnation pour haute trahison.
| Texte original (1776) | Traduction française |
|---|---|
| We, therefore, the Representatives of the united States of America, in General Congress, Assembled, appealing to the Supreme Judge of the world for the rectitude of our intentions, do, in the Name, and by Authority of the good People of these Colonies, solemnly publish and declare, That these United Colonies are, and of Right ought to be Free and Independent States; that they are Absolved from all Allegiance to the British Crown, and that all political connection between them and the State of Great Britain, is and ought to be totally dissolved; and that as Free and Independent States, they have full Power to levy War, conclude Peace, contract Alliances, establish Commerce, and to do all other Acts and Things which Independent States may of right do. And for the support of this Declaration, with a firm reliance on the protection of divine Providence, we mutually pledge to each other our Lives, our Fortunes and our sacred Honor. | En conséquence, nous, représentants des États unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême du monde de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement, au nom et par l'autorité du bon peuple de ces colonies, que ces colonies unies sont, et sont de droit, des États libres et indépendants ; qu'elles sont déliées de toute allégeance envers la Couronne britannique, et que tout lien politique entre elles et l'État de Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; et qu'en tant qu'États libres et indépendants, elles ont pleine autorité pour faire la guerre, conclure la paix, contracter des alliances, établir des relations commerciales et accomplir tous les autres actes et choses que des États indépendants sont en droit d'accomplir. Et, pour le soutien de cette Déclaration, avec une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement les uns envers les autres nos vies, nos biens et notre honneur sacré. |
Les 56 signataires par colonie
Sur le parchemin, les signatures sont regroupées par délégation, de la Géorgie au sud jusqu'au New Hampshire au nord, sous la grande signature de John Hancock, président du Congrès. La plupart des délégués signent le 2 août 1776 ; quelques-uns plus tard, comme Matthew Thornton, arrivé au Congrès en novembre, dont le nom figure à part.
| Colonie | Nombre | Signataires |
|---|---|---|
| New Hampshire | 3 | Josiah Bartlett, William Whipple, Matthew Thornton |
| Massachusetts | 5 | John Hancock, Samuel Adams, John Adams, Robert Treat Paine, Elbridge Gerry |
| Rhode Island | 2 | Stephen Hopkins, William Ellery |
| Connecticut | 4 | Roger Sherman, Samuel Huntington, William Williams, Oliver Wolcott |
| New York | 4 | William Floyd, Philip Livingston, Francis Lewis, Lewis Morris |
| New Jersey | 5 | Richard Stockton, John Witherspoon, Francis Hopkinson, John Hart, Abraham Clark |
| Pennsylvanie | 9 | Robert Morris, Benjamin Rush, Benjamin Franklin, John Morton, George Clymer, James Smith, George Taylor, James Wilson, George Ross |
| Delaware | 3 | Caesar Rodney, George Read, Thomas McKean |
| Maryland | 4 | Samuel Chase, William Paca, Thomas Stone, Charles Carroll of Carrollton |
| Virginie | 7 | George Wythe, Richard Henry Lee, Thomas Jefferson, Benjamin Harrison, Thomas Nelson Jr., Francis Lightfoot Lee, Carter Braxton |
| Caroline du Nord | 3 | William Hooper, Joseph Hewes, John Penn |
| Caroline du Sud | 4 | Edward Rutledge, Thomas Heyward Jr., Thomas Lynch Jr., Arthur Middleton |
| Géorgie | 3 | Button Gwinnett, Lyman Hall, George Walton |
Deux signataires deviendront présidents : John Adams et Thomas Jefferson. Benjamin Harrison est le père du président William Henry Harrison et l'arrière-grand-père du président Benjamin Harrison. Le texte de la Constitution de 1787 ne sera signé que par six d'entre eux, dont Franklin, Robert Morris et James Wilson.
Questions fréquentes
Quelle est la phrase la plus célèbre de la Déclaration d'indépendance ?
« We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal… », traduite ici par « Nous tenons ces vérités pour évidentes en soi : que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
Combien de mots compte la Déclaration d'indépendance ?
Environ 1 330 mots dans le texte anglais du parchemin, signatures non comprises, dont près de la moitié pour la liste des 27 griefs.
Le texte français a-t-il une valeur officielle ?
Non. Seul le texte anglais adopté par le Congrès fait foi. Cette traduction, propre au site, vise à rendre fidèlement chaque proposition de l'original, quitte à garder certaines tournures du XVIIIe siècle.
Que signifie « la recherche du bonheur » ?
Au XVIIIe siècle, le bonheur (happiness) désigne autant la prospérité et la sécurité que le bien-être moral. Jefferson substitue cette expression à la « propriété » de Locke ; elle signifie que le gouvernement doit laisser chacun poursuivre sa propre conception d'une vie réussie.
Où peut-on voir l'original ?
Le parchemin signé est exposé dans la rotonde des Archives nationales, à Washington, aux côtés de la Constitution et de la Déclaration des droits. Très pâli par l'exposition à la lumière au XIXe siècle, il est conservé sous verre dans un gaz inerte.